« – Au fond, ce qui nous distingue, nous autres architectes d’intérieur/décorateurs, de vous autres architectes porteurs du titre, c’est que nous nous battons pour l’honneur et vous pour l’argent ! – Hé oui, aurait répondu l’architecte assermenté, chacun se bat pour ce qui lui manque. »
Toutes les semaines, nous sommes sollicités par des entreprises de travaux ou des artisans. À la recherche de nouvelles compétences pour le compte de nos maîtres d’ouvrage, nous les recevons à l’atelier. Autour d’un café, ces derniers nous présentent leurs produits, leur savoir-faire et très souvent une passion partagée du travail bien fait. Et systématiquement, à la fin de l’entrevue, nous avons droit à la proposition suivante : « Et donc, dans le cadre du partenariat que nous mettons en place avec les architectes, nous vous proposons une commission d’apporteur d’affaires de XX %. Qu’en pensez-vous ? »…
« – Monsieur l’entrepreneur, j’en pense que tout échange d’argent entre ma société et votre entreprise sera considéré comme un pot-de-vin devant un juge. J’aimerais pouvoir conserver mon titre d’architecte et faire mon travail convenablement. Accessoirement, j’aimerai pouvoir dormir la nuit et ne pas me retrouver dans une position de conflit d’intérêts… »
À l’atelier, nous avons fait un choix très simple et totalement transparent : nous refusons catégoriquement de prendre des commissions des entreprises de travaux avec lesquelles nous collaborons. Que ce soit dans un sens ou dans l’autre. Si vous vous attendiez à un petit chèque sous la table… Désolé, mais il n’y en a pas.
L’indépendance comme valeur fondamentale
Conformément à notre Code de déontologie des architectes, notre rôle est de préserver l’indépendance et la neutralité dans nos choix et recommandations. Accepter des commissions de la part des entreprises de travaux irait à l’encontre de ces principes essentiels. L’indépendance permet d’agir sans aucune influence extérieure, assurant ainsi des décisions basées sur des critères objectifs, et non sur des considérations financières.
Les principes énoncés dans le Code des devoirs professionnels des architectes précisent également que les recommandations doivent être basées sur l’intérêt du projet et non sur des avantages personnels. Cela assure une pratique professionnelle fidèle à des standards éthiques élevés.
Une sélection des entreprises sans conflit d’intérêt
Le processus de sélection des entreprises de travaux repose sur des critères de compétence, de fiabilité et de respect des délais et budgets. Refuser les commissions permet d’éliminer tout conflit d’intérêts, garantissant ainsi que les décisions sont prises uniquement en fonction des besoins réels du projet, sans être influencées par des gains financiers externes.
Le Code de déontologie de l’architecte incite à recommander des entreprises qui savent faire leur métier et sont au fait des engagements contractuels. La sélection des partenaires s’effectue donc sur la base de critères clairs, fondés sur des réalisations passées et des références vérifiables.
L’engagement éthique et professionnel de l’architecte
En conclusion, le refus des commissions est bien plus qu’une simple décision administrative : il s’agit d’une affirmation des valeurs fondamentales qui guident la profession d’architecte. Cette position repose sur des principes d’éthique professionnelle et sur le respect des codes de déontologie qui régissent la profession. L’indépendance et la transparence sont au cœur de chaque projet, garantissant ainsi que les décisions prises ne sont influencées par aucun intérêt personnel, mais uniquement par les impératifs de qualité et de sécurité.
Le respect des normes déontologiques et l’engagement envers des pratiques éthiques assurent également que la sélection des entreprises de travaux se fait sur des critères professionnels et objectifs, sans intervention d’intérêts extérieurs. Cela permet de garantir des projets solides, durables et conformes aux attentes des parties prenantes.
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Auteur : Armel Joly – Architecte DESA HMONP


